LA MUERTE DE CLEOPATRA

 

Música de Héctor Berlioz (1803 - 1869)

Texto de Pierre-Ange Vieillard (1778 - 1862)

 

C’en est donc fait! Ma honte est assurée,
Veuve d’Antoine et veuve de César,
Au pouvoir d’Octave livrée,
Je n’ai pu captiver son farouche regard.
J’étais vaincue, et suis déshonorée.
 
En vain, pour ranimer l’éclat de mes attraits,
J’ai profané le deuil d’un funeste veuvage;
En vain, en vain, de l’art épuisants les secrets,
J’ai caché sous des fleurs les fers de l’esclavage;
Rien n’apu du vainqueur désarmer les décrets.
A ses pieds j’ai traîné mes grandeurs opprimées.
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,
Et la fill des Ptolémées
A subi l’affront des refus!
 
Ah! Qu’ils sont loin ces jours, tourment de ma mémoire,
Où sur le sein des mers, comparable à Vénus,
D’Antoine et de César réfléchissant la gloire,
J’apparus triomphante aux rives du Cydnus!
Actium m’a livrée au vainqueur qui me brave;
Mon sceptre, mes trésor son passé dans ses mains;
Ma beauté me restait, et les mépris d’Octave
Pour me vaincre ont fait plus que le fer des Romains.
Ah!Qu’ils sont loin ces jours, etc.
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,
J’ai subi l’affront des refus.
Moi!... qui du sein des mers, comparable à Vénus,
M’élançai triomphant eaux rives du Cydnus!
 
Au comble des revers, qu’aurais-je encore à craindre?
Reine coupable, que dis-tu?
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l’accuser les droits de la vertu?
 
J’ai d’un époux déshonoré la vie.
C’est par moi qu’aux Romains l’Égypte est asservie,
Et que d’Isis l’ancien culte est détruit.
Quel asile chercher? Sans parents! Sans patrie!
Il n’en est plus pour moi que l’éternelle nuit!


Méditation

How if when I am laid into the tomb... (Shakespeare)
 
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Verrez-vous entrer sans courroux,
Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous?
 
Non!... Non, de vos demeures funèbres
Je profanerais la splendeur!
Rois, encor au sein des ténèbres,
Vous me fuiriez avec horreur.
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l’accuser les droits de la vertu?
Par moi nos dieux ont fui d’Alexandrie
Et d’Isis le culte est détruit.
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Vous me fuiriez avec horreur!
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre?
Ai-je pour l’accuser les droits de la vertu?
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Non, j’ai d’un époux déshonoré la vie.
Sa cendre est sous mes yeux, son ombre me poursuit.
Cest par moi qu’aux Romains l’Egypte est asservie.
Par moi nos dieux ont fui les murs d’Alexandrie,
Et d’Isis le culte est détruit.
Osiris proscrit ma couronne.
A Typhon je livree mes jours!
Contre l’horreur qui m’environne
Un vil reptile est mon recours.
 
Dieux du Nil... vous m’avez... trahie!
Octave... m’attend... a son char.
Cléopàtre en... quittant... la vie,
Redevient digne de... César!



¡Se acabó, pues! Mi vergüenza está asegurada.
Viuda de Antonio y viuda de César,
entregada al poder de Octavio,
no he podido cautivar su feroz mirada.
Fui vencida y estoy deshonrada.
 
En vano, para reavivar el esplendor de mis encantos,
profané el duelo de una funesta viudez.
En vano, en vano, agotando los secretos del arte,
escondí bajo flores los grilletes de la esclavitud.
Nada ha podido desarmar los decretos del vencedor.
A sus pies arrastré mis oprimidas grandezas.
Incluso mis lágrimas derramé en sus manos.
¡Y la hija de los Ptolomeos
sufrió la afrenta del rechazo!
 
¡Ah! ¡Qué lejos están aquellos días, tormento de mi memoria,
en los que sobre el seno de los mares, como Venus,
reflejando la gloria de Antonio y de César,
aparecí triunfante en las orillas del Cydnus!
Actium me entregó al vencedor que me desafió.
Mi cetro, mis tesoros, pasaron a sus manos.
Me quedó mi belleza, y el desprecio de Octavio
hizo más por vencerme que el hierro de los romanos.
¡Ah! ¡Qué lejos están aquellos días, etc.
Incluso mis lágrimas derramé en sus manos,
y sufrí la afrenta del rechazo.
¡Yo! Que, desde el seno de los mares, comparable a Venus,
¡me lancé triunfante a las orillas del Cydnus!
 
En la cumbre de los reveses, ¿qué más podría temer?
Reina culpable, ¿qué dices?
Del destino que me apesadumbra, ¿debo quejarme?
¿Tengo acaso el derecho de la virtud para acusarle?
 
He deshonrado la vida de un esposo.
Por mi causa, Egipto es esclava de los romanos
y el antiguo culto de Isis ha sido destruido.
¿Qué asilo buscar? ¡Sin padres! ¡Sin patria!
¡Sólo me queda la noche eterna!


Meditación

¿Y si cuando estoy en la tumba...? (Shakespeare)
 
Grandes faraones, nobles Lágidas,
¿veréis, sin enfureceros, entrar
a dormir en vuestras pirámides
una reina indigna de vosotros?
 
¡No!... No. ¡De vuestras últimas moradas fúnebres
profanaría el esplendor!
Reyes, incluso en el seno de las tinieblas,
huiríais de mí horrorizados.
Del destino que me apesadumbra, ¿debo quejarme?
¿Tengo acaso el derecho de la virtud para acusarle?
Y el culto de Isis ha sido destruido.
Grandes faraones, nobles Lágidas,
¡huiríais de mí horrorizados!
Del destino que me apesadumbra, ¿debo quejarme?
¿Tengo acaso el derecho de la virtud para acusarle?
Y el culto de Isis ha sido destruido.
No, he deshonrado la vida de un esposo.
Sus cenizas están ante mis ojos, su sombra me persigue.
Es por mí que Egipto es esclava de los romanos.
Por mí causa, nuestros dioses
han huido de los muros de Alejandría
y el culto de Isis ha sido destruido.
Osiris ha proscrito mi corona.
¡A Tifón entrego mis días!
Contra el horror que me rodea
un vil reptil es mi recurso.
 
¡Dioses del Nilo... me habéis... traicionado!
Octavio... me espera... en su carro.
¡Cleopatra... dejando... la vida,
vuelve a ser digna de... César!



Digitalizado y Traducido por:
Francisco Such Ronda 2020